IIe CONGRÈS DU RSDRP par Lymbina

Ce texte, transmis par Lymbina a été banni du du forum des assises communistes. Vous le trouverez, dans son intégralité, ci-dessous : 

IIe CONGRES DU RSDRP

Le Ier congrès des organisations sociale-démocrates a eu lieu à Minsk en 1898 avec 9 participants et a pris la décision de la création du parti ouvrier social démocrate russe (RSDRP).

Lénine a souligné l’importance du caractère russe, c’est-à-dire le parti du prolétariat de toutes les nationalités de la Russie.

Pour comprendre les enjeux et les désaccords lors du IIème congrès du RSDRP, je fait le résumé des mouvements d’opposition existants les plus représentatifs :

« narodniki » (populistes) dont Bakounine, révolutionnaires d’abord, défendaient l’idéologie de la démocratie paysanne, ne comprenaient pas le rôle historique du prolétariat. D’après eux, l’histoire est faite par les héros et les idées et la foule passive se laisse guider. Libéraux ensuite, ils affirmaient que le capitalisme peut rentrer dans la vie du peuple sans ruiner les paysans et sans exploiter les travailleurs. Proposaient des réformettes qui devraient venir de la part du gouvernement tsariste qui se situe au dessus des s et peut donc aider les travailleurs.

le premier parti marxiste de Plekhanov ignorait le rôle de la paysannerie en disant que le prolétariat devrait s’allier avec la bourgeoisie et donc il ne fallait pas faire peur à la bourgeoisie libérale avec le « fantôme rouge » et élaborer un programme que les libéraux soient d’accord pour signer

les marxistes légaux, autorisés par le gouvernement tsariste, avaient pour l’objectif d’adapter le marxisme mais l’épurer de toute notion révolutionnaire

économistes : appeler les ouvriers à se limiter aux exigences économiques : augmenter les salaires, diminuer la journée du travail etc. Passaient l’idée des étapes: d’abord par la lutte économique faire passer le droit aux grèves, ensuite liberté des unions et après, avec beaucoup de précautions, faire passer l’idée de la liberté politique en général. « Aux ouvriers – la lutte économique, aux libéraux – la lutte politique ». « Tout dans l’histoire se fait d’après les lois préétablies donc toute activité politique est nulle voire nuisible puisqu’elle viole le développement objectif et naturel de l’histoire. Donc le parti ne doit pas diriger le mouvement ouvrier qui doit rester naturel et a même l’obligation d’attendre passivement le moment où le prolétariat vienne tout seul vers le socialisme ». D’où le refus de la lutte des s, de la révolution socialiste et de la dictature du prolétariat.

les socialistes-révolutionnaires « SR » ont repris certaines idées des populistes, notamment de la foule et du héros et voyaient le rôle des révolutionnaires dans les actes terroristes.

Lénine : « la question se pose ainsi : idéologie bourgeoise ou socialiste. Ici il n’y a pas de milieu ».

Le danger de l’opportunisme est de transformer le parti social-démocrate du parti de la révolution socialiste en parti des réformes sociales.

Pour lutter contre les mouvements opportunistes et révisionnistes, un journal Iskra » (« Etincelle ») créé en décembre 1900 a joué le rôle décisif dans la création d’un parti marxiste.

Le IIème congrès du parti ouvrier social démocrate russe (RSDRP) a été tenu en 1903 dans un contexte de lutte longue de 3 trois ans entre les lignes révolutionnaire marxiste et opportuniste. (L’épigraphe du journal fut pris de la réponse des décembristes à Pouchkine : « de l’Etincelle partira la flamme ! »)

L’objectif de ce IIème congrès fut la création d’un vrai parti révolutionnaire ouvrier dans une atmosphère de la lutte idéologique et du chaos organisationnel, sur les bases élaborées par Iskra.

Les participants au Congrès :

1/ les pro-Iskra, divisés eux-mêmes pro-iskra « durs » (léninistes) et pro-iskra « mous » (futurs mencheviks)

2/ les anti-Iskra, divisés en « économistes » et les partisans du Bund

3/ les centristes que Lénine appelait également « le marais »

Pour créer le parti, il fallait avant tout s’unir, sur une même ligne politique, puisque chaque organisation campait sur ses positions.

S’organiser comment ?

La première question à l’ordre du jour fut la question de la place du Bund dans le parti. (pour mémoire, création du parti du Bund  en 1897 qui s’appelait « Union générale ouvrier juif en Russie et en Pologne »)

Les pro-Iskra voulaient l’union de tous les ouvriers d’avant-garde de toutes les nations habitant en Russie en un seul parti unifié. Alors que Bund voulait la construction du parti sur les bases fédératives qu’il voyait comme union formelle des organisations nationales indépendantes d’une direction générale.

C’est l’idée léniniste de la création du parti sur les bases du centralisme et l’internationalisme prolétarien qui a vaincu. Cette résolution sortait du cadre de la Russie car il s’agissait d’un principe organisationnel très important d’un parti ouvrier dans un pays à multiples nationalités.

Quel programme ?

1/ sur la dictature du prolétariat

Les leaders des opportunistes : parti du Bund et les « économistes » disaient qu’il ne fallait pas l’inclure dans le programme puisque il ne figurait pas dans le programme des partis sociaux-démocrates occidentaux. Ils affirmaient que les contradictions de s’effaçaient et que l’amélioration progressive de la situation matérielle de la ouvrière amènerait tout seul vers le socialisme, sans la dictature du prolétariat.

Les « économistes » se sont prononcés contre le postulat sur la rôle dirigeant du parti dans le mouvement ouvrier et ont proposé un tas d’amendements dans l’esprit de la « théorie du mouvement naturel ».

Trotski affirmait que la dictature du prolétariat était possible seulement quand le prolétariat deviendrait majoritaire dans la nation et quand le parti et la ouvrière fusionneraient. Lénine a caractérisé ces opinions comme social réformistes et a dit que « ils en sont arrivés à contester la dictature du prolétariat ». Un programme révolutionnaire marxiste a été adopté lors de ce IIème congrès dont l’objectif principal était la dictature du prolétariat.

2/ programme agraire : Les opportunistes affirmaient le caractère non révolutionnaire de la paysannerie en masquant avec cette affirmation leur non désir et même leur peur de soulever les masses à la révolution. Cela se traduisait concrètement à nier le rôle dirigeant du prolétariat dans la révolution ; ils se prononçaient contre l’union des ouvriers et des paysans. Lénine a insisté sur le rôle de la paysannerie comme alliée de la ouvrière.

3/ question nationale : pour un pays tel que fut la Russie, la question nationale avait une importance primordiale. Lénine a élaboré dans Iskra les fondamentaux suivants : égalité totale de tous les citoyens indépendamment de leur nationalité, droit des nations à l’autodétermination, principe de l’organisation des ouvriers de toutes les nations dans les organisations de unies (partis, syndicats et autres).

Le droit des nations à l’autodétermination, inscrit sur le programme, était une arme puissante du parti dans la lutte révolutionnaire puisqu’il attirait les peuples opprimés de la Russie du côté du prolétariat seule force combative contre l’oppression nationale, contribuait à l’éducation de la ouvrière dans l’esprit de l’internationalisme prolétarien.

Le parti du Bund s’y opposa avec une exigence nationaliste de l’autonomie culturelle et nationale. Cela séparait les ouvriers sur le signe de la culture nationale et détruisait l’unité internationale de du prolétariat ; cela limitait les intérêts des travailleurs des nations différentes aux questions culturelles uniquement ce qui représentait un frein dans leur lutte pour la révolution et la réorganisation démocratique de l’état d’une façon générale.

Toutes les attaques des opportunistes ont été vaincues par les pro-iskra.

C’est le programme d’Iskra qui a été adopté composé de 2 parties :

– programme maximum : construction de la société socialiste et condition de sa réalisation : la révolution socialiste et la dictature du prolétariat.

– programme minimum : abolition du tsarisme, révolution bourgeoise démocratique, établissement de la république démocratique, journée de travail de 8h, égalité totale de toutes les nations et leur droit à l’autodétermination, abolition des restes du servage à la campagne.

Le RSDRP était le seul parti ouvrier au monde ayant adopté dans son Programme l’idée de la dictature du prolétariat.

Quels Statuts ?

Débats contradictoires sur le 1er § des Statuts portant sur « qui peut être membre du parti » entre Lénine et Martov (futur menchevik).

D’après Lénine : « est considéré comme membre du parti toute personne qui reconnait son programme et soutient le parti aussi bien financièrement qu’en participant personnellement dans une des organisations du parti »

Conséquence : Lénine envisageait le parti comme un ensemble organisationnel uni. Chaque membre doit être obligatoirement membre d’une de sections du parti. Ceci garantit l’éducation marxiste et la haute discipline de tous les membres du parti, ainsi qu’un vrai contrôle sur l’activité de chacun. Les postulats léninistes : organisation et discipline, – pour être un parti de combat, un vrai parti révolutionnaire, le parti doit être monolithe, bien organisé et discipliné.

D’après Martov : « est considéré comme membre du parti toute personne qui reconnait son programme, le soutient financièrement et participe personnellement sous la direction de l’une des organisations du parti »

La nuance était à peine perceptible.

Conséquence : Martov proposait d’accepter au parti tous ceux qui le désiraient sans être obligatoirement membre de l’une de ses organisations et ne pas se gêner par le cadre de la discipline dans le parti. D’après eux, n’importe quel gréviste ou intellectuel avait le droit de s’auto proclamer du parti même s’il n’était pas et ne voulait pas être membre de l’une des organisations du parti.

La formulation de Martov a rencontré un vif succès auprès de tous les opportunistes : les « bunds », les « économistes », les centristes, les pro-iskra « mous ».

C’est cette définition qui a été adoptée par la majorité. Les futurs mencheviks étaient majoritaires sur ce point.

La définition léniniste fut adoptée lors du IIIème congrès 2 ans plus tard, en 1905.

Le danger était de polluer le parti avec tous les éléments instables, hésitants et opportunistes, surtout en Russie la veille de la révolution démocratique bourgeoise.

Lénine insistait sur la nécessité de sélectionner soigneusement les membres sur les critères de l’exigence vis-à-vis d’un membre du parti ce qui est devenu un des principes organisationnels du parti des bolchéviks.

Ensuite, il y a eu une grande polémique sur le rôle du Comité Central : les opportunistes voulaient le diminuer autant que possible. Mais les pro-iskra « durs » ont pu défendre le principe du centralisme dans la construction du parti contrairement au principe opportuniste de l’autonomie et du fédéralisme.

Dans sa grande majorité, ce sont les paragraphes des Statuts rédigés par Lénine qui ont été adoptés. D’où la scission en bolchéviks et mencheviks.

Ce congrès a eu une valeur historique importante car il en résulte la création en Russie d’un parti révolutionnaire marxiste – parti des bolchéviks.

Le IIème congrès fut le tournant dans le mouvement ouvrier international.

« Bolchévisme existe comme courant de la pensée politique et comme partie politique depuis 1903 » (Lénine)

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