Qu’est ce que la Libre Pensée ?

Quelle meilleure définition donner que celle de Marc Blondel dans sa préface de l’ouvrage « Qu’est-ce que la Libre Pensée ? » édité par la FNLP ?
Je vous laisse en prendre connaissance :

ISBN 978-2-916801-05-6


Qui d’autre que les militants de la Fédération Nationale de la Libre Pensée pouvaient, utilement et efficacement, entreprendre la rédaction d’un livre de présentation de la Libre Pensée ?

Entreprise plus difficile qu’il n’y paraît. Certes s’il s’agit de présenter notre association, son histoire, ses actions et les hommes qui l’ont illustrée et servie. L’exercice est intéressant, mais ne serait-il pas tactique, quelque peu opportuniste, afin de justifier les positions publiques, la recherche de précédents qui accréditent notre propre positionnement ?

Entreprise délicate, car on ne parle pas de la Libre Pensée comme d’une vérité révélée. La définition même de la Libre Pensée peut donner lieu à de nombreuses interprétations. La plus primaire — la pratique contestataire — est-elle suffisante ? Un libre penseur serait un homme ou une femme qui ne serait jamais content, jamais satisfait, rabaissé ainsi au rang de râleur, un mal bien français, comme diraient les bien-pensants.

Non, contester ne suffit pas.

Être libre penseur, c’est refuser la vérité révélée, c’est être conscient que la vérité progresse en fonction des connaissances, de l’évolution de la société, et qu’il faut donc revendiquer et privilégier la connaissance.

Bien entendu, et chacun l’aura compris, c’est refuser l’obscurantisme, le dogme et ce qui en découle, l’intolérance.

La Libre Pensée n’est pas une structure fixe, c’est une méthode, un moyen de réflexion, un comportement.

Dans notre pays, l’expression dogmatique et religieuse s’est bâtie sur le catholicisme romain. On ne compte plus les exécutions, voire les assassinats — n’ayons pas peur des mots — qui ont été commis en son nom. Certains sont inscrits dans l’Histoire, d’autres sont ignorés, mais l’Église catholique ne fut pas la seule à se comporter ainsi.

On peut donc comprendre que la religion est une forme de recherche du pouvoir — et pas de n’importe quel pouvoir, mais d’un pouvoir totalitaire — d’ailleurs exigé par la croyance et la soumission : la récompense (post mortem bien sûr), par l’assurance du « Paradis », lève toute ambigüité.

La religion catholique a essaimé des déclinaisons sectaires, des schismes concurrentiels se sont développés, ils ont tous marqué plus ou moins notre civilisation.

Avec la mondialisation et les migrations qui, si elles ne sont plus coloniales, religieuses et conquérantes, existent toujours, les expressions spirituelles s’entrechoquent, voire se combattent plus ou moins ouvertement.

Ce n’est pas nouveau. Dans cette bataille, le libre penseur doit sauvegarder sa liberté de conscience, faire en quelque sorte acte de courage, ne pas se laisser à suivre la foule là où il perdrait sa liberté de jugement et sa dignité.

Aucune forme de société n’accepte, avec satisfaction, la contradiction. Dans les pays totalitaires, dès la dissidence, on est assimilé aux criminels. Dans d’autres, y compris ceux qui se réclament de la démocratie, on limite l’expression différente, on combat l’opposition et on la restreint. Mais le plus commun reste la culture de l’ignorance, qui peut prendre différentes formes. D’abord par l’accès ou non à l’enseignement, puis par la nature de l’enseignement, et enfin par le contrôle de l’information.

Quel outil pédagogique serait la télévision, si on n’y disait que la vérité !

C’est la raison pour laquelle le libre penseur ira voir le dessous des choses. Il s’informera pour arrêter son jugement.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée s’enorgueillit d’effectuer ce travail et d’encourager les citoyens à la recherche de la vérité.

Nous avons, régulièrement, affirmé que nous n’étions ni un syndicat ni un parti. Cela ne signifie nullement que nous soyons étrangers et désintéressés de la chose publique et du sort des citoyens.

Nous plaçons notre réflexion dans la culture républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité — et le corollaire, Laïcité — sont les axes de pensées et d’actions.

Il en découle que nous nous affirmons progressistes, anticapitalistes, antimilitaristes et partisans actifs du progrès social.

Le lecteur de ce livre, en prenant connaissance de l’histoire de la Libre Pensée, de ses fondements, de ses précurseurs, aura conscience qu’il s’inscrit dans une longue et vaste histoire, celle de la civilisation. Il pourra constater que la pratique du libre examen (même si elle rencontre des obstructions) dépasse nos frontières et, en quelque sorte, tend à l’universalité.

L’objectif n’est pas de nous livrer à une compilation, certes toujours intéressante, mais d’aider à comprendre ce que nous vivons à la lumière des précédents.

Confirmation de tous les jours, qu’il nous faut engager pour être un homme ou une femme libre.

Bon courage.

Marc Blondel
Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée

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