Encore 323 jours…

Dans 323 jours, nous voterons pour les élections présidentielles. Actuellement, après 4 ans de « règne », l’homme qui dirige notre pays détruit, avec l’aide de ses amis, pierre à pierre (parfois à grand coups de boutoirs), tout ce que nos anciens ont construit avec leur sueur et leur sang.
Ma naissance eut lieu dans une famille très militante et très à gauche (sans extrême cependant). J’ai grandi dans les réunions politiques, avec mes fidèles feuilles de papier et crayons de couleur. J’ai vécu dans un environnement de lutte, côtoyant les plus grands du parti et du syndicat concernés grâce, ironie de la vie, à des problèmes de santé.
 Je fais partie d’une génération qui avait tout à la naissance. Les luttes politiques, féministes, syndicales et autres nous avaient déjà tout amené. Nous n’avons pas eu à nous battre pour le droit à la contraception et l’avortement pour les femmes, aux congés payés, à la sécurité sociale etc. Bref nous sommes arrivés au monde le bec plein, même quand nos parents gagnaient peu.
Nous n’avons pas, non plus, connu la guerre et c’est fort heureux.
L’enfant que j’étais traversait ces moments de façon inconsciente et heureuse, ce qui est bien normal. En grandissant, par contre, j’ai découvert la déception, la  face sombre et cachée. Mes parents ont arrêté brusquement leur militantisme. Au départ, je n’ai pas vraiment compris pourquoi, ni d’ailleurs le fait que les amis proches d’avant avaient disparu de nos vies.
La maturité aidant, j’ai compris. Je me suis promis de ne jamais adhérer à un parti ni à un syndicat. Je ne voulais pas revivre la déception immense que j’ai connue chez mes êtres proches, ni la douleur que j’avais ressentie en eux.
Et puis… et puis… il y a eu le 6 mai 2007.
J’ai vu disparaître à une vitesse faramineuse les acquis pour lesquels ceux que j’aime et ceux dont je descends avaient durement lutté et, parfois, payé le prix cher. Concernant l’aspect religieux, le problème était réglé depuis longtemps.
Mes parents étant athées on ne peut pas dire que la religion ait tenu une grande place dans notre vie. Si j’ai connu le bâptême pour faire plaisir à ma grand-mère, je n’ai pas fait ma communion. Non qu’on me l’ait interdit. Bien au contraire. À l’âge d’aller au catéchisme, mes parents m’ont laissé le choix. Je ne voyais aucun intérêt à aller perdre une partie de mon temps libre à entendre parler de choses auxquelles je ne croyais pas. Mes parents ont donc inventé, le repas républicain de famille pour fêter la non communion. Ainsi, comme tous les autres enfants de mon âge, j’ai eu droit à un beau repas avec les miens, de jolis vêtements et des cadeaux. Aucune frustration donc. C’était très intelligent de leur part. J’ai pu ainsi construire ma philosophie de vie sans crainte de la punition.
Mais, pour ceux qui n’ont pas eu la chance, comme moi, d’avoir des proches qui ont su transmettre et faire vivre les luttes, les analyses et l’ouverture d’esprit, l’importance de nos acquis est transparente.
Gavés au foot-coca, la plupart des gens de ma génération s’est laissée vivre, se vautrant dans le bien-être, pensant que tout continuerait ainsi et ne se posant aucune question ni sur le passé, ni sur l’avenir de notre pays.
Mais… mais…
Les catégories dirigeantes ou en recherche de pouvoir ne sont pas restées inactives. Elles ont développé des structures, en ont infiltré d’autres et ont distillé dans les esprits des idées d’arrivisme, d’égoïsme et ont travaillé à l’anéantissement de la solidarité et de l’esprit de lutte.
La quasi disparition de la formation politique et syndicale de base a été bien orchestrée, comme l’instillation dans les esprits que tout pouvait s’acheter et que pour vivre heureux, il fallait vivre friqué.
Le « diviser pour mieux régner » est une arme de destruction massive abusivement utilisée par les classes dites dirigeantes de notre pays qui ont su mettre l’argent au centre du système en lieu et place de l’Homme, du Citoyen.
De plus, la peoplisation à outrance des hommes politiques les a complètement décridibilisés. Aujourd’hui, en France, on est homme —ou femme— politique de père en fils (fille), ou parce que l’on vient d’une famille qui a eu les moyens de vous faire faire l’ENA ou Sciences Po. Quelles chances restent-il pour les enfants d’ouvriers ? AUCUNE !
Au vu de cette décadence, la révolte est entrée en moi. Elle a grandi jusqu’au jour où j’ai renié la promesse que je m’étais faite.
Travaillant pour un employeur militant front national aux tendances nazies, pour des clients très (intégristes) catholiques, j’ai souvent dû ravaler mes écœurements pour continuer à gagner ma croûte. Mais mon anti-cléricalisme en fut renforcé et ma bibliothèque argumentaire amplifiée. J’ai donc adhéré à la Libre Pensée.
Dans le même temps, étant parent d’élève, j’ai milité à la FCPE. Enfin, devant la « grandeur et décadence » de ceux qui nous gouvernent, j’ai adhéré au Parti de gauche et à la CGT.
Je ne changerai sans doute pas le monde, mais je crois qu’en unissant nos forces nous pouvons tous arriver à l’améliorer, peut être pour nous, mais surtout pour nos enfants. Et le jour où, comme tout un chacun je mourrai, ce sera la tête haute, avec le sentiment du devoir accompli. Car je crois à la LIBERTÉ, l’ÉGALITÉ, la FRATERNITÉ qui ornent —de moins en moins.— les frontons de nos institutions.
Utopique ? Peut être. Je ne prétends pas détenir la vérité. Mais, qui vous dit que mes rêves ne se réaliseront pas ? C’est pour cela que je vous propose de me suivre —et, pourquoi pas, de me rejoindre— dans mon parcours militant.
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